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Participation de Rosalind Fawley   Sam 4 Aoû - 18:42





FACE AU MIROIR


C'était une idée mauvaise.
Une bien mauvaise idée qu'elle avait eu.

Pour le moment, elle n'avait pas eu à subir les interrogations des chiens du Ministère, mais si l'information remontait que Rosalind Fawley fréquentait toujours ce genre d'endroit... Cela n'arrangerait pas ses affaires. Elle avait bien trop à démêler de sa situation actuelle pour avoir, en plus, un de ces roquets d'Auror accroché à ses basques.

La poussière, reine absolue de la boutique Barjow et Beurk, avait pris d'assaut ses narines et manquait de la faire suffoquer. Rosalind fit quelques pas prudents sur le plancher noir et mité du magasin. Les  mouvements trop amples étaient susceptibles de soulever de nouveaux nuages de particules sales, et, à choisir, elle préférerait s'en passer. Sale, c'était le mot pour définir la boutique sinistrement célèbre; rien qu'à y respirer on se sentait soi-même envahi par une crasse noire. C'était surprenant que la boutique fut toujours ouverte. Barjow avait toujours eu le talent d'une anguille pour se glisser toujours entre le filet des lois magiques, toujours à la limite, jamais véritablement pris en faute. Mais tout de même, après la dernière guerre... on aurait pu penser que le Ministère joue de son pouvoir pour fermer, une bonne fois pour toute, ce lieu peu fréquentable.

Peu fréquentable, certes, mais à la collection de grimoires insolite et intéressante. Surtout concernant le sujet qu'étudiait Rosalind.

C'était étrange, dans ses souvenirs, le boutiquier était toujours prompt à saluer les clients potentiels, dégoulinant d'obséquiosité. Mais personne ne se trouvait derrière le comptoir et la clochette de la porte d'entrée avait résonné un bon moment dans le silence.

Rosalind aurait pu appeler en direction de l'arrière-boutique, mais, étrangement, elle n'en fit rien. Elle hésita quelques secondes à repartir d'où elle était venue, mais une sensation magnétique l'empêchait de sortir dans l'Allée des Embrumes. Comme un appel. Elle tourna la tête vers une des allées sombres du magasin et plissa les yeux.

Les insomnies s'étaient multipliées ces dernières semaines et, par instant, il lui semblait de ne plus pouvoir discerner avec certitude la réalité de son imagination. Elle voyait des choses, des gens, entendait des mots sans logique aucune. Pourtant, ce qu'elle ressentait cette fois-ci était différent, vu que d'ordinaire, ses "moments d'absence", comme elle les appelait elle-même, s'accompagnaient de maux de tête et de nausées violentes. La fatigue, forcément.

Elle avança dans l'obscurité de la boutique, incertaine de ce qu'elle allait y trouver. Si il y avait quelque chose à y trouver d'ailleurs. Ses pas la guidèrent devant ce qui semblait être un meuble, bien plus haut qu'elle, et recouvert d'un épais velours noir. Et, bien sûr, les plis du tissu étaient nappés d'une épaisse couche de poussière. "Evidemment...", marmonna-t-elle, avant de tirer sur le velours d'un geste sec.

Sous le velours, elle avait un instant pensé qu'il s'agissait d'une commode tant la forme était imposante, mais non, devant elle se trouvait un miroir. Grand, qui touchait presque le plafond, et sculpté. Ancien. Datant de l'époque médiévale peut-être. Et qui la reflétait.

Les deux Rosalind se faisaient face dans le silence ouaté de Barjow et Beurk. Celle du miroir, celle du réel, et vice-versa.

Vanité oblige, ce n'était certes pas la première fois que la jeune femme contemplait son reflet. (Ndla: Je ne vous apprend pas grand chose, j'imagine. Les glaces et autres surfaces réfléchissantes sont d'un usage commun chez les Sorciers comme les Moldus.) Mais jamais Rosalind ne s'était sentie si vulnérable face à son propre reflet qui lui insufflait d'ordinaire la confiance dont elle avait besoin.

La jeune femme rousse qui se trouvait devant elle et qui lui ressemblait trait pour trait était rayonnante, lui souriait avec chaleur. Ses boucles cascadaient le long d'une robe élégante et légère. Debout près d'une table sur laquelle étaient posés des livres ouverts et des parchemins couverts d'écriture. Dans une véranda habitée par une foule de fleurs en pots, ou débordant de jardinières, voisinaient des plantes exotiques. Il y avait une telle lumière émanant de cette image que Rosalind cligna des yeux, éblouie.

Son double continuait de lui sourire doucement, comme si elle comprenait parfaitement son trouble. Une empathie dont Rosalind avait tellement besoin en cet instant précis... Elle aurait voulu se fondre dans cette image d'elle-même. Oublier sa vie, oublier son passé, son avenir trouble, devenir le reflet, épouser cette vision, s'y fondre. Ce désir bouillonna si fort en elle qu'il était presque douloureux.

Soudain, Rosalind ouvrit grand les yeux. Sa parfaite jumelle n'était plus seule de l'autre côté du miroir. Une silhouette l'avait rejointe. Un homme au visage connu avait pris place à sa droite, enserrant sa taille. Hypnotisée, elle vit le nouveau venu se pencher et déposer un baiser dans le creux de son cou.

La jeune Fawley fut parcourut de frisson, et instinctivement, elle porta la main à son propre cou, le cœur battant. Mais personne ne se trouvait à ses côtés. Elle était toujours chez Barjow et Beurk, environnée d'ombre et la poussière la fit hoqueter.

S'arrachant avec peine de la vision enchanteresse, elle leva les yeux vers le fronton du miroir. "Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej." Désemparée, elle fit quelques pas en arrière et, prise d'une impulsion subite, se rua vers la sortie.

-Ah, bonjour Mademoiselle, que puis-je faire pour vous?

"Et c'est maintenant qu'il sort de son trou celui-là?", pensa-t-elle avec rage en se jetant hors de la boutique, sans prendre la peine de répondre à Barjow.

Écarlate, elle marchait d'un pas vif dans l'Allée des Embrumes. "Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej... C'est quoi ça?!" Croisant son reflet dans une des vitrines, haletante, elle s'arrêta. Elle se regarda. La vraie Rosalind. Emmitouflée dans son manteau, échevelée, pâle, les traits tirés par la fatigue. "Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej... Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej... C'est... Oh, souffla-t-elle soudain, Le Miroir du Risèd?"

Elle devait avoir l'air d'une folle parce qu'un des clients sortant du magasin devant lequel elle s'était arrêtée, stoppa net en la voyant. Le prenant à partie, elle déclara d'une voix forte: "Je ne montre pas ton visage mais ce que ton cœur désire." Elle ferma les yeux et l'image qu'elle avait vu chez Barjow et Beurk se dessina sous ses paupières: elle-même, la véranda, les livres... et cet homme. Un gémissement de regret échappa de ces lèvres.

Brusquement elle se redressa, fixa le passant médusé et, féroce, ricana. "C'est d'un cliché, vous ne trouvez pas?"



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