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Participation de Juliet Ollivander   Sam 4 Aoû - 18:37

Un miroir… Un objet au fonctionnement si simple, reflétant l’image de la personne ou de l’objet placé devant lui. Qu’il soit ornementé ou des plus minimaliste, le résultat était le même. Le miroir était témoin quotidiennement du narcissisme des humains. Il renvoyait l’image de sourires si celui qui s’y observait s’estimait heureux de son apparence ou bien des grimaces lorsque ce n’était pas le cas. Il était bien curieux de constater qu’un simple objet était capable de faire varier l’humeur de ceux qui le regardaient.

Juliet se trouvait devant un miroir donc. Ce n’était pas une situation extraordinaire, étant que la jeune femme avait pris pour habitude de jeter un coup d’œil dans la grande glace accrochée sur le mur à l’entrée de son habitat. Bref regard pour vérifier que tout allait bien avant de sortir dans l’agitation constante du Chemin de Traverse. Sauf que ce miroir… était particulier. L’objet en soi était magnifique, le cadre étant pourvu de dorures ouvragées. Immense, la jeune Ollivander paraissait plus petite que jamais face à la glace. Toutefois, ce n’était pas cela qui faisait sa particularité, pas cela qui laissait Juliet paralysée, incapable de détourner le regard. Le miroir lui renvoyait évidemment son reflet, comme tout bon miroir, mais pas uniquement. Dans la glace, la sorcière se voyait entourée de quatre personnes qui semblaient vivantes de par leurs mouvements, quoiqu’absentes dans la pièce. Les deux premières silhouettes étaient les plus remarquables, toutes deux se tenant derrière une épaule de leur fille.

-Maman, papa… ? lâcha la jeune femme dans un souffle.

Sa propre voix parut étrangère aux oreilles de la blonde. Elle était trop aiguë et agitée de tremblements. Juliet était pourtant loin d’être naïve, et ce depuis longtemps. Ses parents étaient morts et enterrés, et elle se fit la réflexion amère qu’elle ne connaissait même pas la date précise de décès, sept ans auparavant. Il avait fallu plusieurs années avant que la jeune Ollivander l’apprenne. Dans un premier temps, ses grands-parents maternels lui avaient caché la terrible nouvelle de peur de briser le cœur de leur petite fille dont les relations avec son père et sa mère ne s’étaient pas améliorées. Et puis Juliet avait quitté les Blake, coupant très rapidement les ponts pour ne les revoir que rarement. La tragique information s’était donc perdue, jusqu’au jour où elle avait ressurgi près de dix mois plus tôt déstabilisant l’équilibre fragile que la jeune femme avait acquis au fil des années à New York. L’idée que Geoffrey et Elisa se tiennent à ses côtés l’effrayait presque. C’était tout simplement impossible. Ils étaient tous deux morts, et Juliet n’avait jamais eu l’occasion de se réconcilier avec eux.

La blondinette n’aurait pas être dû si choquée par cette image, après toutes les photos du monde des sorciers étaient également en mouvement. Mais en observant le miroir, Juliet aurait pu jurer qu’ils étaient réellement là. Ses parents avaient l’air jeunes, plus qu’ils n’auraient dû l’être. Leurs visages étaient dénués de la moindre ride et barrés de grands sourires. La jeune Ollivander n’avait pas eu l’occasion de voir son père arborer pareil sourire depuis très longtemps, même lorsqu’ils vivaient encore tous ensemble. Les cheveux miels d’Elisa brillaient d’un éclat surnaturel et elle était vêtue d’une superbe robe de soie bleue. Une robe de gala qui, devinait Juliet, avait pu être portée pendant son adolescence lors d’un des innombrables bals auxquels participaient les Blake.

Juliet distinguait derrière eux la figure plus en retrait, que tout le monde ou presque devait connaître en Angleterre comme étant Garrick Ollivander, le fabricant de baguettes. Mais pour la jeune femme, c’était avant tout son grand-père, un vieil homme sur qui elle avait pu compter pendant son enfance. Elle le reconnaissait bien dans le miroir, fidèle au souvenir qu’elle en conservait, d’un âge avancé et indéterminable et ses prunelles deux puits de glace sans fin. La femme qu’il tenait par la taille était beaucoup moins familière à la sorcière. D’une grande beauté malgré ses cheveux grisonnants et son visage quelque peu fané, elle affichait une expression très sereine, heureuse du contact avec Garrick. Juliet ne l’avait pas vraiment connue et n’en conservait pas de souvenirs. Sa grand-mère Hortense avait disparu alors qu’elle n’était encore qu’un bébé.

La jeune femme sentit quelques larmes lui monter aux yeux face au spectacle de sa famille réunie. Treize ans que cela n’était pas arrivé. Et vingt-cinq si l’on remontait au temps où Hortense était encore en vie. L’héritière Ollivander osa finalement croiser son propre regard dans le miroir. Deux billes aussi bleues que celles de son grand-père. Mais plus elle se contemplait, moins elle se reconnaissait. La petite blonde devant elle semblait comme ses parents plus jeunes. Ses joues étaient plus rebondies, ses yeux moins graves, rieurs. Sa chevelure plus courte qu’elle ne l’aurait dû être. Le reflet lui offrait un magnifique souvenir que la véritable Juliet n’affichait pas et des larmes dévalaient la pente de ses joues légèrement rosées. La jeune femme eut soudain le souffle coupé, comprenant peu à peu la situation. Elle se voyait telle qu’elle avait été durant son enfance. Son attention porta sur l’inscription gravée au dessus de l’objet. « riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej ».La sorcière ne pouvait se vanter d’être une experte en runes ancienne, n’ayant jamais choisi cette option lors de ces études, mais elle était maintenant certaine de connaitre le miroir de réputation. L’inscription n’était pas si compliquée à traduire, il suffisait de la lire à l’envers. « je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir » La glace reflétait son vœu le plus cher…
Le cœur de Juliet se serra. Elle saisissait maintenant ce qu’elle aurait voulu plus que tout. Tout recommencer, retourner dans son enfance pour faire d’autres choix, prendre des directions différentes. Et retrouver ceux qu’elle avait aimés de tous son soul. Ceux pour qui elle avait cessé d’éprouver cet amour, laissant son cœur vide, avec bien trop de place pour une seule personne. Apprendre qu’elle nourrissait inconsciemment ce souhait mais avec une telle puissance attrista la jeune femme. Elle était encore une fois incapable d’aller de l’avant. Elle aurait tant voulu être assez forte, mais toujours le passé la retenait de ses griffes acérées. Ce qui était fait était fait. Les morts ne revenaient pas, le cours du temps était irréversible. Juliet aurait voulu réellement sentir les mains de ces parents lui effleurer les épaules. Mais il n’y avait rien, pas même le moindre souffle ou petite brise. Rien qui puisse faire illusion. La jeune Ollivander inspira longuement et laissa une dernière fois son regard parcourir le reflet qu’offrait le miroir. Puis elle partit. Sans se retourner.

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